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Un système d’enseignement en crise

Lors de mon séjour à Genève entre 1997 et 2005 en tant que Directeur du Service de la recherche en éducation (SRED) du Département de l’Instruction Publique j’ai délibérément adopté une position distante du débat politique sur l’école à Genève qui divisait le parlement, le corps enseignants, les citoyens. J’estimais que cette posture était nécessaire pour protéger la recherche en éducation, pour éviter qu’en descendant dans l’arène politique elle perde sa fonction d’outil de production et diffusion d’ une connaissance scientifique, informée, sur l’école, susceptible de rendre moins sectaires et idéologiques les discussions et les discours sur son état et son avenir.

La rentrée scolaire à Genève en aoùt 2006 s’est effectuée dans un climat caractérisé par de fortes tensions politiques autour de l’enseignement primaire, par un débat passionnel dans l’opinion publique sur la réforme de cet cet enseignement, débat focalisé en grande partie sur la question de l’abolition ou du maintien des notes à l’école. Tout l’enseignement obligatoire par ailleurs a été par la suite remis en discussion à Genève, y compris le Cycle d’Orientation, c’est-à-dire l’enseignement secondaire de 1er cycle, l’équivalent du collège français ou de la "scuola media" italienne, qui a été autrefois un des fleurons de l’école genevoise. A la fin du mois de septembre, le peuple genevois a donc été appelé à voter sur deux référendum obtenus par des mouvements et des partis politiques contestant la réforme de l’enseignement primaire. L’ampleur du mouvement de contestation a été considérable au sein de l’opinion publique. On demandait d’arrêter les réformes scolaires, de restaurer, grosso modo, l’école primaire selon une représentation traditionaliste, qui ne tenait pas compte des évolutions de la pédagogie et de la recherche en éducation au cours du 20ième siècle. Le décalage entre préoccupations pour la qualité de l’école, mesures proposées, organisation de l’école publique selon un schème dépassé était considérable et constitue un terrain privilégié d’observation pour l’analyse des politiques de l’enseignement.

Ce texte rassemble des considérations sollicitées par des interlocuteurs genevois au moment de la rentrée scolaire en août 2006. Je n’entre pas ici dans le vif du débat genevois, mais j’aborde des thèmes généraux en fonction des demandes qui m’avaient été adressées à l’époque.

Les documents de l'article

2006_Considerations_rentree06GE.pdf
13_78.pdf
28_77.pdf