Articolo in francese pubblicato sul quotidiano francese "Libération" dell’8 agosto 2007 nel quale si descrivono i problemi delle Hauptschulen in Germania e particolarmente a Berlino.

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Scuole ghetto in Germania

In Germania, alla fine della scuola primaria gli allievi hanno una triplice scelta :

- il ginnasio-liceo, che porta alla maturità ;

- le Realschulen che permettono di accedere agli istituti tecnici e professionali

- le Hauptschulen che sfociano in generale nella formazione professionale (all’italiana) e nella formazione duale (formazione sul lavoro o apprendistato).

Alla formazione duale ( o formazione in alternanza tra scuola e azienda) si inscrivono però non solo gli studenti delle Hauptschulen, ma anche quelli della Realschule ed addirittura parecchi studenti liceali che hanno conseguito la maturità.

Poiché la scelta avviene già alla fine della scuola primaria si parla in questo caso di selezione precoce. Le Hauptschulen offrivano nel passato una formazione imperniata sul lavoro manuale , il disegno, una cultura pratica, meno teorica ed astratta della formazione impartita nei ginnasi-licei. Come lo dice l’articolo, gli allievi che frequentano questo tipo di scuola non sono più quelli di un tempo ed il contesto sociale in Germania è cambiato con l’immigrazione, che è molto più elevata che non in Italia, e con la presenza di moltissimi rifugiati politici e di manodopera clandestina. Le Hauptschulen sono diventate poco per volta scuole ghetto, l’unico rifugio per gli studenti di questi gruppi emarginati. L’insegnamento in queste sedi è diventato vieppiù problematico, specialmente nelle grandi città. Le Hauptschulen sono comparabili alle scuole delle zone prioritarie d’educazione in Francia (ZEP) o alle scuole delle zone a rischio in Italia. Il problema delle Hauptschulen non è la selezione precoce ma la segregazione sociale. Le Hauptschulen sono scuole difficili, ambienti insopportabili, adulti assenti. Sono posteggi per giungere alla fine dell’obbligo scolastico con la prospettiva della disoccupazione.

Le Hauptschulen sono state accusate di tutti i mali del sistema scolastico tedesco. In particolare si sono imputate a queste scuole le medie basse della Germania nelle indagini PISA. il grande divario di punteggi tra i migliori allievi che frequentano quasi tutti i ginnasi-licei e gli allievi deboli delle Hauptschulen ha messo alla gogna la scuola tedesca ed ha avviato un dibattito internazionale molto mal informato sulla selezione precoce, i benefici della scuola unica, i difetti di un sistema a più velocità. Nell’articolo qui allegato si trova l’eco di queste polemiche. La soluzione però non è sempre quella a cui si pensa, ossia l’eliminazione della selezione precoce e l’unificazione delle filiere, come lo dimostra assai bene il caso italiano.

La voie sans issue du collège allemand

Il y a un an, un tremblement de terre secouait l’univers scolaire outre-Rhin. Une poignée d’enseignants lançaient par voie de presse un appel au secours, constatant leur incapacité de continuer à enseigner dans leur collège de Neukölln, un quartier défavorisé de Berlin. Indiscipline, racisme entre minorités, violences, vandalisme… « Nous formons ici de futurs criminels et terroristes », résumait alors une professeure. L’école Rütli présentait tous les syndromes du dysfonctionnement d’une bonne partie des Hauptschule, ces établissements du secondaire réservés aux adolescents en échec scolaire. « Dans 16 % des Hauptschule allemandes, il n’est plus du tout possible d’enseigner », rappelle une étude de l’Institut Max-Planck, en listant ces dysfonctionnements. Aujourd’hui, le calme est revenu à l’école Rütli. « Nous avons de nouveau un directeur, davantage d’enseignants, de moyens, et même trois travailleurs sociaux issus de l’immigration », pour faciliter le dialogue entre familles et professeurs. Près de 83 % des adolescents de l’école Rütli sont issus de l’immigration (contre 33 % au milieu des années 80). En un an, l’ambiance au sein de l’établissement s’est améliorée. Des initiatives ont été lancées pour développer des ateliers de musique, de boxe ou de danse. Un groupe d’élèves a même lancé Rütli-Wear, une collection de tee-shirts vendus à l’extérieur de l’établissement. « Mais, pour les élèves, pour leurs chances d’avenir, rien n’a vraiment changé », déplore Petra Eggebrecht, professeure à l’école Rütli, « par conviction », depuis 1970. « Les rares élèves qui parviennent à décrocher leur diplôme de fin d’études ne trouvent pas de place d’apprentissage. Il est temps d’abolir le système scolaire à trois vitesses », en vigueur dans la plupart des Länder allemands et qui fait des Hauptschule un « dépotoir » aux yeux des employeurs potentiels. Cette année, aucun des élèves de la 10e classe (qui préparent leur diplôme de fin d’études) n’a pour le moment trouvé de place de formation en alternance pour la rentrée. « Echec ». A l’origine, les Hauptschule étaient le pilier du secondaire en Allemagne. Seuls quelques élèves passaient par les prestigieux lycées (Gymnasium), conduisant au bac (40 % d’une classe d’âge obtient ce diplôme). Aujourd’hui, la moitié des élèves atterrissent en Realschule, de niveau intermédiaire et pouvant aussi déboucher sur un bac. Les moins chanceux échouent sur les bancs des Hauptschule. « Vous retrouvez là les 10 % d’une classe d’âge en échec scolaire depuis le primaire, et avec eux une concentration de problèmes en tout genre : sociaux, cognitifs… Ce genre d’école ne peut par définition s’en sortir qu’avec de très bonnes compétences, d’excellents professeurs et davantage de moyens que les lycées. C’est rarement le cas », déplore Siegfried Arnz, chargé du dossier des ­Hauptschule au sein de la municipalité de Berlin. ­Arnz sait de quoi il parle : il a pendant dix ans dirigé l’une des rares Hauptschule de Berlin à être citées en exemple dans la capitale pour son ambiance de travail et son absence de violences. Sans que cela augmente pour autant les chances de débouchés des élèves. « A Berlin, où le marché du travail est très tendu, les entreprises préfèrent former des jeunes issus des Realschule et même des lycées plutôt que ceux qui viennent des Hauptschule, regrette le pédagogue. Dans les Länder du sud et de l’ouest du pays, où la situation économique est meil­leure, c’est un peu différent : les entreprises se rendent compte qu’elles ont davantage intérêt à former un élève peut-être médiocre mais qui restera dans l’entreprise, plutôt qu’un lycéen qui se lancera ensuite dans des études supérieures. A condition que ces élèves respectent les règles élémentaires de discipline et de ponctualité. » Ce qui est loin d’être acquis dans les Hauptschule des grandes villes. Petra Eggebrecht semble parfois découragée. Au sein de l’école Rütli, elle gère avec sa collègue Steffie Kraemer-Evertz une classe de huit élèves en grande difficulté, âgés de 14 à 17 ans. Les deux enseignantes sont assistées de deux travailleurs ­sociaux. Quatre adultes pour huit jeunes… Ce n’est pas trop. « Avec eux, il faut tout reprendre de zéro : maîtrise de l’allemand, écriture, lecture, mathématiques, comportement… précise Steffie Kraemer-Evertz. L’objectif est de leur permettre de réintégrer à la rentrée une classe normale dans l’école. Avec le groupe qu’on a cette