Le sentiment de justice à l’école : la plupart des enseignants estiment d’être justes envers leurs élèves mais beaucoup d’élèves ne partagent pas ce point de vue et estiment au contraire d’être traités injustement par leurs enseignants

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Traitement des élèves

"La France fait partie des pays où la proportion des élèves qui déclarent se sentir traiter de façon juste par leurs enseignants est la plus faible". Dans Fenêtres sur cours n°3275(http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc327.pdf), Denis Meuret revient sur la question de la justice à l’école, qui est le thème de son dernier ouvrage. "Globalement les enseignants sous-estiment ce problème. Ils semblent très attentifs à ne pas faire de différence entre les classes sociales, les sexes, les origines mais se préoccupent moins des différences qui pourraient être faites entre forts et faibles. De le même manière les enseignants semblent attentifs à être juste en matière de note, de félicitations bien plus qu’en matière de respect, ou d’humiliation des élèves. De mon point de vue, cette différence de critères de justice entre élèves et enseignants est pour beaucoup dans ce sentiment d’injustice".

A la fin de l’année tandis que beaucoup d’enseignants expriment dans les réseaux sociaux le regret de quitter leurs élèves, plusieurs élèves sont bien heureux au contrarire de terminer l’année scolaire et de quitter certains de leurs enseignants. Plusieurs enseignants ont leurs élèves préférés qui les gratifient mais ont aussi leurs "têtes de turcs" qui les font souffrir. Ce n’est pas vrai de soutenir que tous les enseignants sont justes. Le sentiment de justice des enseignants n’est pas quivalent à celui des élèves. Denis Meuret, chercheurs français qui est par ailleurs intervenus à un séminaire international de l’ADI à Bologna et à un cours de l’école doctorale sur l’évaluation à l’université de Gênes travaille depuis longtemps sur cette question et met en évidence la dyssimétrie existante entre ce deux perceptions. Il a été interrogé sur ce sujet . Nous reprenons ici la présentation faite par le site français "Le Café pédagogique" du livre de Meuret et Marie Duru-Bellat publié par la maison d’édition De Boeck, Bruxelles sur l’équité à l’école et qui contredit la béatitude de nombreux enseignants. Voir l’intervieles réflexions de Meuret dans le bulletin "Fenêtres sur cours" (cliquer ici

 

"La France fait partie des pays où la proportion des élèves qui déclarent se sentir traiter de façon juste par leurs enseignants est la plus faible". Dans Fenêtres sur cours n°327, Denis Meuret revient sur la question de la justice à l’école, qui est le thème de son dernier ouvrage. "Globalement les enseignants sous-estiment ce problème. Ils semblent très attentifs à ne pas faire de différence entre les classes sociales, les sexes, les origines mais se préoccupent moins des différences qui pourraient être faites entre forts et faibles. De le même manière les enseignants semblent attentifs à être juste en matière de note, de félicitations bien plus qu’en matière de respect, ou d’humiliation des élèves. De mon point de vue, cette différence de critères de justice entre élèves et enseignants est pour beaucoup dans ce sentiment d’injustice".

Les sentiments de justice à et sur l’école, M Duru-Bellat et D Meuret, Bruxelles, de Boeck, 2009.